Harcèlement scolaire où les prémices de la perte de confiance en soi

Harcèlement scolaire où les prémices de la perte de confiance en soi

Le harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire est un fléau qui touche de plus en plus d’enfants et d’adolescents. L’ère internet n’arrange rien et amplifie même ce phénomène. Les jeunes victimes de ces “petits jeux” d’enfants en restent souvent traumatisées à vie. Il est donc urgent d’agir efficacement pour éduquer nos jeunes et leur réapprendre le vivre ensemble, la richesse de la différence et le respect.

Heureusement, ce grand tabou de la scolarité est enfin mis au grand jour. Les pouvoirs publics se sont décidés à mettre en place des sanctions pour les harceleurs.

Mais dans les faits, que vit exactement une victime de brimades quotidiennes? Quelles armes a-t-elle pour s’en protéger? Comment se reconstruit-elle?

Dans cet article je vous ferai d’abord part de ma propre expérience avec le harcèlement scolaire. Ensuite vous donner mon avis sur les mesures efficaces à prendre pour lutter contre. Puis, je vous donnerai des pistes pour vous aider à protéger votre enfant s’il en est victime.

Je tiens à rester honnête envers vous, cet article n’a pas été facile à écrire. Et j’espère de tout cœur qu’il pourra vous aider dans quelque mesure que ce soit.  Bonne lecture.

Le harcèlement scolaire c’est quoi exactement

Harcèlement scolaire

Selon le ministère de l’éducation le harcèlement scolaire se définit comme tel :

Le harcèlement scolaire est le fait pour un élève ou un groupe d’élèves de faire subir de manière répétée à un camarade des propos ou des comportements agressifs. Les actes constitutifs de harcèlement scolaire sont par exemple, les moqueries, les brimades, les humiliations, les insultes….

Ils entraînent une dégradation des conditions de la vie de la victime. Cela se traduit notamment par la chute des résultats scolaires, l’anxiété et la dépression.”

Je suis d’accord, mais on pourrait également ajouter que le harcèlement scolaire a des effets dévastateurs pour l’enfant dans sa construction d’adulte. La confiance en soi s’en trouve meurtrie. Le sentiment de honte qui domine empêche la victime de libérer sa parole.

Ce que l’on pouvait qualifier autrefois de petites taquineries entre enfants représentent en réalité un véritable acharnement.

Cet acharnement peut être quotidien. Sans vraie raison apparente, ou plutôt toutes les raisons possibles, du moment qu’elles soulignent la différence : Un physique, un statut social, un style vestimentaire, une appartenance religieuse… N’importe quelle excuse peut être utilisée pour humilier la victime.

Petit à petit l’enfant ou l’adolescent qui subit ses moqueries, s’isole, se renferme et a peur d’en parler… Pourquoi?  En voici les raisons :

  • Peur d’amplifier la situation si un adulte s’en mêle
  • La honte
  • La culpabilité de ne pas savoir se défendre seul
  • L’espoir que cela va s’arrêter rapidement

A la manière d’un cauchemar qui n’en finit pas…

Mon histoire avec le harcèlement scolaire

Je ne me rappelle pas bien comment cela a commencé. En revanche je me souviens  avoir très tôt été prise en grippe…

En primaire par-ci par-là puis au collège de manière quotidienne. Les deux premières années de collège ont été un véritable enfer.

Les débuts d’un cauchemar

Bien que je me rappelle avoir subi des brimades en primaire, c’est essentiellement au collège que j’ai souffert de harcèlement.

Durant ces deux ans, il ne se passait pas une seule journée sans que je me fasse harceler…

Ce harcèlement se constituait essentiellement de moqueries. Des moqueries qui ont fait le tour de tout l’établissement. S’en prendre à moi était devenu le passage obligé pour se faire accepter…

Peu à peu, le petit groupe s’est transformé en une vingtaine de personnes de classes et d’âges différents… Ces personnes, je les subissais à l’entrée et à la sortie de l’établissement. Pendant les cours et à la récré. Dans les couloirs et parfois même sur le chemin de l’école… C’était tout simplement incessant.

Peu à peu, j’ai développé une phobie scolaire et une peur panique des autres. J’avais une peur bleue des enfants de mon âge et ne me sentais en sécurité qu’en compagnie des adultes.

Plus je subissais, plus je me renfermais sur moi-même. Je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. Qu’avais-je fais de mal? Pourquoi moi?

Les conséquences

Cette humiliation quotidienne a bien entendu eu des conséquences terribles sur mes résultats scolaires. Je ne parlais pas de ce que je subissais et me faisais en plus de cela dénigrer par mes professeurs en raison de mes mauvaises notes.

Cette période a été traumatisante et a eu des incidences tardives sur ma confiance en moi.

Le contact avec les autres a longtemps été compliqué. Pendant de nombreuses années j’ai eu  l’impression que les gens se retournaient sur mon passage pour se moquer de moi. Dans le bus par exemple, être assise à l’avant me donnait le sentiment que tous les passagers étaient de concert pour m’humilier. Entendre le rire d’une personne était même devenu une agression : ce rire était forcément la conséquence d’une moquerie à mon égard….

Bref, même après cette période douloureuse, j’en subissais encore et encore les traumatismes.

Harcèlement scolaire

Comment cela a cessé

C’est presque un an et demi après que j’ai véritablement commencé à dépérir. Moi qui avais été élevée dans l’univers féerique des princesses Disney, la découverte du monde réel avait été un sacré choc. J’ai attendu longtemps que les “méchants” soient punis et que la princesse soit sauvée…

De plus en plus mélancolique, j’avais perdu ma joie de vivre et mon enthousiasme. Mes parents ont commencé à s’inquiéter et ont tenté de comprendre ce qui n’allait pas.

Ils me posaient des questions mais il m’était impossible de leur dire la vérité. J’avais trop honte. Honte d’avouer que les autres s’en prenaient à moi. Avouer que je me faisais piétiner et que je n’avais pas les armes pour me défendre.

Mais un jour, la coupe était pleine. J’ai refusé de me rendre à l’école.

Mais chez nous, l’école était d’une importance capitale. Manquer l’école? Hors de question! Alors j’ai craqué.  Je me suis vue déballer à mes parents tout ce que je subissais au quotidien.

D’abord très choqués d’apprendre ce qu’il m’arrivait, ils n’ont pas réfléchi longtemps avant d’agir. Mon père m’a rassuré en disant que cela n’arriverait plus et qu’il allait prendre les choses en main.

Les élèves les plus actifs dans mon harcèlement ont été convoqués, les professeurs ont été prévenus et mon père est directement allé à la rencontre d’un de mes agresseurs.

Tout est allé très vite. Et les choses ont commencé à se calmer.

Quatre mois plus, tard je changeais d’établissement. Et c’est à ce moment là que j’ai réellement pu respirer.

Sortir la tête de l’eau

Après avoir changé d’établissement, ma vie était complètement différente. Je me suis ouverte aux autres et fait des amis. Mon caractère s’est affirmé et je me sentais de mieux en mieux.

Mais ce n’est vraiment qu’après mes 30 ans que j’ai réussi à expulser les restes traumatiques que j’ai gardé de cette époque. En parler d’abord a été une véritable libération. Des séances d’hypnose m’ont également bien aidé pour faire la paix avec mon passé.

Le travail a été long car j’ai longtemps refusé d’affronter ce que j’avais vécu. Je me répétais constamment que c’était du passé et qu’il fallait tourner la page.

Aujourd’hui, je suis heureuse d’avoir enfin pu le faire. Heureuse d’avoir enfin gagné cette bataille et avoir retrouvé mes armes de femme adulte.

Il était important pour moi de partager une partie de mon histoire avec vous, car je sais que je suis loin d’être la seule à avoir vécu du harcèlement scolaire.

Les mesures à prendre pour éviter le harcèlement scolaire

Dans cette partie je ne vous donnerais que mon avis. Un avis sur ce qu’il devrait être envisagé afin d’éviter ce phénomène. Selon moi, des mesures doivent être prises dès le plus jeune âge. Car affirmer que l’on souhaite “lutter contre” le harcèlement scolaire, signifie qu’il est déjà là. Alors que si ” on se bat pour” le mieux vivre ensemble, les bases seront déjà ancrées.

Éduquer les plus jeunes

C’est à la maternelle que les caractères s’affirment. Les enfants développent leur sociabilité et apprennent le vivre ensemble. Mais en théorie seulement…Certains parents eux-mêmes ne respectent pas leurs enfants. Comment donc remettre de l’ordre dans tout cela et instaurer un climat de solidarité et de respect mutuel dans nos sociétés? Il est effrayant de constater que l’accent a été mis ces dernières années sur la sexualité et non sur les fondements d’une société humaine…

A l’école

L’école est le reflet de notre société. Il suffit d’observer les enfants et de s’apercevoir que certains ont déjà des caractères bien affirmés.

Sans entrer dans un débat profond, nous remarquons également que les enseignants sont débordés. Les classes se composent en moyenne d’une trentaine d’élèves. Il est donc très compliqué d’inculquer en plus de la discipline, la tolérance et le respect des autres.

Car oui les enfants le savent, ils n’ont pas le droit de frapper. Ils n’ont pas le droit de dire de gros mots et d’être insolent avec la maîtresse. Mais qu’en est-il de la bienveillance?

Cet aspect a totalement été évincé des principes de l’école. Alors on nous rassure en offrant 1 heure d’éducation civique par semaine en primaire.

Mais n’est-ce pas un peu trop facile? Où et quand le respect et la solidarité ont-ils été réellement mis en avant? Je pense qu’il est temps que cette mascarade cesse enfin. Il est plus qu’urgent d’éduquer nos enfants dans une atmosphère de bienveillance plutôt que de compétition.

Proposer plus d’activités collectives où chacun aurait un rôle à jouer. Mettre en valeur les différences de chacun au lieu de les mépriser. Permettre aux enfants différents et porteurs de handicap de se mêler aux autres. Faire en sorte que les enfants développent leur soif de découvertes en les exposant plus à l’extérieur… Agrémenter  les programmes scolaires par une ouverture au monde.

De plus, l’idée de canaliser les émotions des enfants pourrait être une solution peu coûteuse et viable sur le long terme. La méditation, la sophrologie ou la relaxation ont des vertus  extraordinaires sur les enfants.

A la maison

Bien que l’école ait son rôle à jouer, les parents ont une plus grande responsabilité. Élever un enfant est loin d’être facile.

Cependant, il ne suffit pas de grand chose pour lui offrir la possibilité d’être tolérant.

Apprendre la différence, le respect et la bienveillance est la clé à un monde meilleur. Comment? En lui proposant de côtoyer des enfants qu’il n’a pas l’habitude de fréquenter. De le faire sortir régulièrement de sa zone de confort. De l’aider à découvrir des choses différentes de son quotidien… Mais également de lui parler.

Lui expliquer que le monde ne s’arrête pas à sa routine. Qu’autour de lui beaucoup de personnes qu’il ne connaît pas, existent. Que ces personnes ne se ressemblent pas toutes. Qu’elles ne vivent pas forcément de la même manière que lui.

Confronter son enfant à cette différence va lui permettre de garder cette ouverture d’esprit jusqu’à son âge adulte.

Vous lui offrirez en plus de cela une grande faculté d’adaptation pour sa vie future.

Alerter les plus grands

C’est surtout à l’adolescence que les premières victimes de harcèlement scolaire se comptent.

Il est donc légitime d’instaurer des mesures préventives contre cela.

Calmer l’agressivité

Selon le rapport 2010-2011 du Life Long Learning Programme instauré par la Commission Européenne, le harcèlement scolaire est souvent perçu comme un fait sans gravité de la part des agresseurs mais également de leurs parents….

Il est donc urgent d’adopter des mesures de prévention.

L’agressivité et le manque d’empathie sont en grande partie responsable de ces actes.

En prenant le problème à la source il serait bien plus facile et bien moins coûteux que de devoir ensuite réparer les dégâts.

Voici quelques solutions :

  • La sophrologie en classe
  • Les activités en petit groupe
  • La méditation
  • La valorisation de l’élève
Sophrologie pour enfants

Interventions et débats

Au cours de mes recherches, j’ai pu constater que quelques établissements prenaient ce problème très au sérieux. Malheureusement, ils ne sont qu’une poignée… Pourtant il ne suffit pas d’avoir de grands moyens pour mettre en place une stratégie payante anti-harcèlement.

Parmi les choses qui fonctionnent le mieux : les interventions suivies de débat ouvert qui ont un impact très positif sur les élèves.

Que ce soit par le biais d’associations ou de personnes indépendantes, le tout est d’en parler.

En parler ouvertement et ensemble aide à prendre conscience que se moquer des autres n’est pas normal.

Faire prendre conscience aux élèves que le harcèlement scolaire est très grave et qu’il peut parfois conduire au suicide.

Votre enfant est victime

Vous n’êtes pas forcément au courant de tout ce qu’il se passe dans la vie de votre enfant. C’est pourquoi il est important de maintenir un dialogue ouvert à la maison.

Si vous ressentez une anormale tristesse ou une peur soudaine de se rendre à l’école il est peut être judicieux de commencer à entamer un dialogue.

Si votre enfant est sensible, commencez par visionner un reportage sur ce sujet pour voir sa réaction.

S’il vous confie que c’est son cas, encouragez-le à vider son sac avec douceur. Il est très important de rassurer votre enfant et lui faire ressentir qu’il n’est pas seul.

Ensuite il serait judicieux de prévenir l’établissement et de montrer que vous suivez avec attention l’évolution des choses. Que votre démarche ne soit pas laissée lettre morte.

Si malgré les efforts du corps enseignant les problèmes persistent, évaluez s’il est nécessaire de prendre contact avec les parents du ou des harceleurs.

Malheureusement, vous ne pouvez pas prévoir leur réaction.

En dernier recours, pensez peut-être à changer votre enfant de classe ou bien d’école. Cela peut sembler être une solution drastique voir ennuyeuse sur le moment, mais n’oubliez pas que vous investissez sur le bien-être à venir de votre petit.

Pour conclure

Bien que les pouvoirs publics aient commencé à en parler. Le problème du harcèlement scolaire dure depuis si longtemps, qu’il faudrait des mesures chocs et imposées à tous les établissements pour arriver à changer les mentalités

Car il s’agit avant tout d’un manque de connaissances qui permet au harcèlement de se développer. En attaquant le problème à sa racine, nous offrons à nos générations futures la possibilité de grandir sereinement.

L’école est loin d’être la seule responsable. L’éducation est primordiale pour lutter contre ce fléau encore malheureusement trop tabou.

C’est à nous adultes, parents, enseignants, de montrer l’exemple de cette tolérance et de ce bien vivre ensemble.

En adaptant également nos comportements, en ré-apprenant la bienveillance et le respect. Il ne tient qu’à nous de leur donner les clés pour que leur monde soit meilleur que le notre.

J’espère que cet article vous aura plu. Laissez-moi vos commentaires juste en dessous si vous souhaitez parler de ce sujet ou donner votre avis.

Je vous souhaite une merveilleuse journée. En attendant, n’oubliez pas de resté un peu timide mais surtout heureux 🙂

Jasmine Moineau

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2 Replies to “Harcèlement scolaire où les prémices de la perte de confiance en soi”

  1. J’ ai aussi vécu le harcèlement scolaire, malheureusement ,ça ne faisait pas partie de la définition que vous donner : j ai subi le harcèlement de la part d une prof ,et a ce moment là ,mieux vaut être pote avec un pestiféré qu avec moi , et quand t en parle a la direction du collège on te demande ce que TU as fais de mal pour énerver la prof, je peux vous dire que la confiance en soi en prends un sacré coup

    1. Bonjour Frédéric, effectivement ce type de harcèlement scolaire est encore plus difficile à vivre. Les adultes ont le devoir de protéger les enfants. Ce que vous avez subi est terrible dans le sens que votre besoin de sécurité a été brisé. Mais également la confiance que vous pouviez avoir envers les adultes censés vous protéger. Merci d’avoir partager votre témoignage. Si vous avez besoin de plus d’informations à ce sujet, n’hésitez pas à me contacter en privé par mail. Au plaisir.

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